Info M 3 - GIOPPINO EST LA TERRE BERGAMASQUE

10/03/2014

Gioppino qui ?

Gioppino est le diminutif de Guiseppe en français Josèphe et c’est le nom d’une des marionnettes à gaine plus populaire du nord de l’Italie. Gioppino aurait vu le jour à Zanica dans la province de Bergame vers la fin Depuis du XVIII siècle ou au début du suivant. Si on ne sait pas exactement qui a inventé Gioppino ni quand ? C’est grâce au poète écrivain Pietro Ruggeri da Stabello (1797-1858) que nous savons de son succès dès la première moitié du XIX siècle.
Mais Gioppino n’est pas un cas isolé car tout le long de la péninsule italienne, il existe un nombre incroyable de traditions locale voir régionale de marionnettes.
Certains historiens pensent que c’est grâce à Napoléon et ses lois qui impose de ne plus utiliser les personnages qui portent des masques car ils rappellent trop l’ancien régime. Très vite des personnages nouveaux vont voir le jour et vont former la grande famille des « héros populaires ». En quatre siècles se sont près de 50 personnages qui vont animer les castelets comme : Gianduja à Turin, Gerolamo à Milan; Sandrone à Modène, Fagiolino à Reggio Emilia, le Docteur Balanzone à Bologne et Pantalone de Venise ; mais aussi : Arlecchino et Brighella à Bergame. Gioppino est beaucoup plus qu’une marionnette locale, il est sa terre, sa culture, son esprit, son ambassadeur !

Lui c’est ?

Gioppino, que l’on appelle en dialecte bergamasque Giupì, est un paysan qui, comme il dit de lui-même, a des grosses chaussures et un fin cerveau. Il a une famille composée de sa femme Margì et son fils Bortolì. Gioppino est simple, joviale et il est si populaire que les bergamasques s’identifient facilement à lui.

Une des particularité de Gioppino est d’avoir les goitres sous le cou. Les goitres sont une déformation des glandes de la tyroïde. Tout être humain peut avoir une ou deux glandes qui ne fonctionnent pas bien, puisque nous en avons deux au maximum, mais évidemment la marionnette est le surhomme et elle en a donc trois. Gioppino appelle ses goitres : ses patates ou ses diamants.
Les têtes des marionnettes bergamasques sont les plus grosses d’Europe et peut-être du monde, puisqu’elle peuvent peser entre trois et cinq kilogrammes.
Gioppino est habillé de tel façon à rendre hommage à l’Italie unie et les couleurs de ses vêtements sont vert, blanc et rouge.
La maison de Gioppino : son castelet est celui des records car il mesure de 4 à 6 mètres de façade, il peut avoir la hauteur de 4 m et avoir une profondeur de la même longueur. A démonstration de l’importance du castelet pour le marionnettiste : un élève était reconnu un artiste et il était libre de créer sa compagnie, quand le Maitre marionnettiste lui remettait le “Pancione” (le gros ventre), c’est à dire la partie basse en tissu du castelet.

Un marionnettiste qui manipule Gioppino est dit gioppiniste. Pratiquement tous les marionnettistes bergamasques ont des surnoms.


Photo: Le grand marionnettiste Benedetto Ravasio e sa femme Pina.

consécration d’un gioppiniste est quand il a l’autorisation de présenter ses spectacles sur la Piazza Vecchia de Bergame.
Gioppino est présent pratiquement dans tout le nord de la Lombardie et en particulier dans les provinces de Bergame, Brescia, Milan, Come, Lecco, Sondrio, et dans une moindre mesure dans les provinces de Varese, Crémone et Lodi. Il a une certaine présence dans le Canton Suisse du Tessin, et pendant longtemps en France auprès des communautés d’émigrés italiens.
Benedetto Ravasio et son Gioppino

Le sacre, si ainsi le peut dire, pour un marionnettiste Gioppiniste est d’avoir l’autorisation de la part de la ville de Bergame, de présenter ses spectacles sous la voute de l’ancienne place qui ce trouve sous l’ancien palais municipal.

Ceux qui continuent la tradition

Comme on l’a vu, ils n’ont jamais été très nombreux les marionnettistes gioppiniste, mais maintenant ils ne sont vraiment pas beaucoup. Pietro Roncelli est l’un d’entre eux, marionnettiste amateur il a su trouver une dimension marionnettique qui lui est propre. Quand au marionnettiste Daniele Cortesi, qui fut l’élève de Benedetto Ravasio, il est sans aucun doutes le plus philologique des marionnettistes de la tradition bergamasque.

Sans les femmes ?

Il est totalement impensable, qu’un marionnettiste gioppiniste puisse arriver au succès sans la précieuse collaboration de sa femme ! On ne parlerait pas de Benedetto Ravasio si il y n’y avait pas à ses cotés Giuseppina Cazzaniga. Que serait Daniele Cortesi sans Maria Teresa Zanoni ? Outre à être la voix des personnages féminins, elles sont aussi les couturières et souvent les organisatrices des compagnies de leur maris. Une des rares femmes qui est aujourd’hui Gioppinistes est Carla Passera Roberta Navone de Pognano.
Gioppino Aujourd’hui

Gioppino est encore et toujours le héros des bergamasques, non seulement ses spectacles sont très demandés, mais de nombreux artistes d’inspirent de lui comme le chanteur Luciano Ravasio ou les acteur du théâtre dialectale qui prend son nom : « Le Théâtre de Gioppino » et qui le met en scène dans la production de 2011 : « La charge des Milles et Un ». Des jeunes artistes entrent dans le castelet comme Ferruccio Bonacina.

Photo : Roberta e Carla Passera. Albert Bagno
 

Pietro Roncelli et Luciano Ravasio

Sur la terre bergamasque il existe un certain nombre de musées et de collections publiques et privés qui permette de voir le très riche patrimoine de Gioppino et de la marionnette bergamasque. On trouve aussi un grand nombre de magasins et de produits portent son nom.

Depuis plus de 120 ans Giopì est le titre du journal du Duché de Piazza Pontida, une association culturelle bergamasque.

Le journaliste Pino Capellini est le grand spécialiste de Gioppino. On lui doit plusieurs livres, articles et expositions. Il existe une bibliographie très importante sur Gioppino. Sur Internet on trouve plusieurs site intéressants. Le cinéaste bergamasque Paolo Jamoletti a réalisé plusieurs court-métrage sur Gioppino et les marionnettistes locaux.

Depuis 1993 la fondation Ravasio fondée par la famille Ravasio pour rappeler le grand marionnettiste qu’a été Benedetto organise festivals, conférences, expositions.
Plusieurs associations locales ont l’objectif de promouvoir Gioppino e son monde.

Sur la terre bergamasque il existe un certain nombre de musées et de collections publiques et privés qui permette de voir le très riche patrimoine de Gioppino et de la marionnette bergamasque. Une des plus importante collection est celle qui est exposée au Musée du Menuisier (Museo del Falegname) de Almenno San Bartolomeo près de Bergame. On trouve aussi un grand nombre de magasins et de produits portent son nom.

Depuis plus de 120 ans Giopì est le titre du journal du Duché de Piazza Pontida, une association culturelle bergamasque.

Le journaliste Pino Capellini est le grand spécialiste de Gioppino. On lui doit plusieurs livres, articles et expositions. Il existe une bibliographie très importante sur Gioppino. Sur Internet on trouve plusieurs site intéressants. Le cinéaste bergamasque Paolo Jamoletti a réalisé plusieurs court-métrage sur Gioppino et les marionnettistes locaux.

Depuis 1993 la fondation Ravasio fondée par la famille Ravasio pour rappeler le grand marionnettiste qu’a été Benedetto organise festivals, conférences, expositions
Plusieurs associations locales ont l’objectif de promouvoir Gioppino e son monde.

 

 

Foto le marionnettiste Pietro Roncelli et le chanteur Luigi Ravasio

 

Article de Albert Bagno - Marionnettiste et Chercheur

Albert Bagno